VENDANGES 2022 en Champagne
L’essentiel
Les vendanges 2022 en Champagne constituent une année exceptionnelle en qualité comme en quantité. Christelle Rinville, directrice du vignoble Taittinger, la qualifie de meilleure récolte de sa carrière : état sanitaire parfait, maturité optimale et pertes au gel de printemps limitées à 8 %, contre 30 % en 2021.
- Pourquoi les vendanges 2022 sont-elles exceptionnelles en Champagne ?
- En 2022, le vignoble champenois a bénéficié d'un ensoleillement supérieur aux normales chaque mois, d'un faible taux de précipitations et d'un état sanitaire parfait. Les pertes liées au gel printanier n'ont atteint que 8 %, contre 30 % en 2021.
- Les chaleurs extrêmes de l'été 2022 ont-elles abîmé les raisins de Champagne ?
- Malgré de nombreux jours à plus de 40 °C, les dégâts d'échaudage sont restés limités en Champagne en 2022. Le feuillage des vignes est demeuré vert tout au long de la campagne, protégeant les baies et préservant leur qualité aromatique.
- Combien de personnes travaillent lors des vendanges chez Taittinger ?
- La Maison Taittinger mobilise plus de 800 personnes durant les vendanges : cueilleurs, équipes de transport des raisins et personnel aux pressoirs, répartis sur trois centres de pressurage à Pierry, Rilly-la-Montagne et Loches-sur-Ources.
Vendanges 2022 en Champagne : comment un été caniculaire a généré une récolte exceptionnelle — Christelle Rinville (Taittinger) explique le paradoxe.

8 questions à Christelle Rinville, Responsable des Vignobles Taittinger
Les vendanges 2022 auront représenté pour la Champagne une année exceptionnelle, tant en termes de qualité – avec des fruits à maturité –, que de quantité.
Christelle Rinville, directrice du vignoble de la Maison Taittinger, nous en dit plus sur la récolte de l’année et l’activité de pressurage.
Qu’est-ce qui explique la qualité exceptionnelle du raisin cette année ?
Cela s’explique par la particularité climatique de l’année : ensoleillement (quel que soit le mois de l’année, le nombre d’heures d’insolation journalier a été supérieur aux normales mensuelles – en juillet en particulier) et peu de pluie. Mais aussi, un état sanitaire parfait, des vignes qui ont bien résisté aux conditions climatiques : la vigne a supporté la période de gel de printemps (8% de pertes en moyenne sur le vignoble champenois versus 30% en 2021 et plus spécifiquement pour nous, sur nos vignobles d’Essoyes et de Sézanne) ; elle a surtout parfaitement supporté les périodes de fortes chaleurs de juillet et août. Malgré les nombreux jours au-dessus de 40°C, les dégâts d’échaudage (raisins brûlés par le soleil) sont restés limités. Le feuillage est resté vert durant toute la campagne avec une pousse relativement limitée du fait des chaleurs.
Cela s’explique par la particularité climatique de l’année : ensoleillement (quel que soit le mois de l’année, le nombre d’heures d’insolation journalier a été supérieur aux normales mensuelles – en juillet en particulier) et peu de pluie. Mais aussi, un état sanitaire parfait, des vignes qui ont bien résisté aux conditions climatiques : la vigne a supporté la période de gel de printemps (8% de pertes en moyenne sur le vignoble champenois versus 30% en 2021 et plus spécifiquement pour nous, sur nos vignobles d’Essoyes et de Sézanne) ; elle a surtout parfaitement supporté les périodes de fortes chaleurs de juillet et août. Malgré les nombreux jours au-dessus de 40°C, les dégâts d’échaudage (raisins brûlés par le soleil) sont restés limités. Le feuillage est resté vert durant toute la campagne avec une pousse relativement limitée du fait des chaleurs.
Comment les raisins avec ces caractéristiques affecteront-ils positivement la qualité du vin ?
À partir du moment où l’année viticole a été favorable et la vigne a bien résisté aux fortes chaleurs et à la sécheresse, que les dates de cueillette nous permettent de vendanger des raisins les plus sains possible avec de belles expressions aromatiques, tout concorde. Les raisins exprimeront au mieux les terroirs parce que la vigne aura été en équilibre toute l’année pour aller chercher, grâce à son système racinaire, tous les éléments minéraux et acides aminés du sol.
Chaque cru correspond à une couleur dans la palette du peintre, c’est au chef de caves de choisir ensuite les assemblages, c’est-à-dire les meilleurs couleurs pour faire son tableau. Quand les couleurs sont belles, les choix variés qualitativement, cela présage pour Alexandre Ponnavoy notre chef de caves, un très beau potentiel.
A ce stade, peut-on dire que le raisin fera un millésime ?
Nous décidons de l'année où nous dégustons les vins clairs. Dans ma carrière d'agronome, c'est techniquement la meilleure récolte que je connaisse. Il n'y a pas de parties dégradées : la qualité de la cueillette, des grappes, des baies est excellente à tous les niveaux, que ce soit sucre/acidité, arôme, caractère visuel.
Quels sont les effectifs de Taittinger durant les vendanges ?
Les effectifs vignobles pour les travaux de la vigne sont de 70 personnes permanentes à temps plein, renforcées par des contrats saisonniers pour la taille – liage et relevage-palissage. On est à ce moment-là 100-115 personnes. Et, aux vendanges, nous passons à des effectifs bien supérieurs : plus de 800 personnes (des cueilleurs surtout, mais également les personnes qui transportent les raisins vers les pressoirs et les personnes aux pressoirs pour assurer la pesée, le basculement des caisses, le nettoyage des caisses, l’organisation des marcs, le pressurage et la cuverie)
Une fois le raisin récolté, pouvez-vous nous rappeler le processus de transformation que va suivre le raisin ?
Il est nécessaire qu’il y ait une coordination étroite entre les équipes du vignoble et nos œnologues Maison! Chaque jour, des citernes viennent chercher les moûts dans les différents centres de pressurage pour les conduire vers notre cuverie à Reims. Sous l’autorité du chef de caves, ces jus sont alors dirigés vers les différentes cuves en fonction de leur origine, cru, cépage….
La Maison Taittinger dispose de trois pressoirs, à quels domaines correspondent-ils ?
Ces trois presses représentent les trois axes principaux de notre travail. A Pierry, au Château de la Marquetterie, nous presserons les raisins de la région d'Hautvillers à Sézanne en passant par les régions d'Épernay (Pierry, Moussy, Vinay, Chavot) et de la Côte des Blancs. Nous avons pressé environ 110 hectares de vignes et nous avons également reçu des raisins du livreur.
A la Montagne de Reims nous foulons les raisins de Murigny, Rilly et tous les Grands Crus : Mailly, Verzenay et Ambonnay et Trépail. Rilly-la-Montagne écrase 100 hectares.
Notre troisième pressoir est situé à Loches-sur-Ources, où nous pressons des raisins de la Côte des Bars, principalement Loches et Essoyes, sur environ 90 hectares.
Nous pressons tous les cépages sur le pressoir : Grands Crus, Premiers Crus et autres.
Combien de marques sont pressées sur différentes presses chaque jour ?
Généralement, on est entre 8 et 12 marks par jour en période de pointe. Un mark équivaut à 8 000 kilogrammes.
Les vendanges terminées, quelles sont pour vous – en tant que directrice du vignoble – les prochaines grandes étapes ?
Lorsque celle-ci se termine j’ai un gros travail administratif.
Pendant les vendanges : c’est surtout de l’observation, vérification de la qualité, contrôle, anticipation des besoins, soutien des responsables de pressoir… Puis, il faut procéder aux règlements de cueillette, des locations faites durant la vendange. Le travail administratif commence alors : déclaration de récolte (CIVC), bilan global de nos cueillettes par crus et par cépage. Nous devons ensuite faire un point global pour essayer de mesurer à chaud tout ce qui peut être amélioré afin de progresser sur tous les aspects.
Photos : Gildas Boclé



