Bollinger
La Grande Année 2015
Robe or aux reflets jaunes, celle d’un vin déjà mûr, sous une bulle fine et sans hâte. Le nez s’ouvre sur les fruits à noyau — pomme grise, prune, miel — puis laisse venir la mûre, le cassis, la cerise et la framboise, avec l’amande, la mangue et la vanille que déposent huit années de fût et de…
LES CUVÉES DE LA MAISON BOLLINGERL'avis des experts
La structure de ce champagne
LA DÉGUSTATION
Robe or aux reflets jaunes, celle d’un vin déjà mûr, sous une bulle fine et sans hâte. Le nez s’ouvre sur les fruits à noyau — pomme grise, prune, miel — puis laisse venir la mûre, le cassis, la cerise et la framboise, avec l’amande, la mangue et la vanille que déposent huit années de fût et de lattes. La bouche est généreuse, presque charnue, sur la confiture de mirabelle ; la trame reste droite, portée par l’acidité que 2015 a su garder malgré un été chaud. La finale revient sur le chocolat, le zeste d’agrume et une pointe minérale de pierre froide. À servir entre 8 et 10 °C, dans de grands verres : il se boit dès aujourd’hui et tiendra encore de longues années en cave.
La composition

Terroirs
Onze crus composent ce millésime. Le pinot noir, 60 % de l’assemblage, vient de Verzenay, d’Aÿ et de Mareuil-sur-Aÿ ; le chardonnay, 40 %, de Chouilly et d’Avize. C’est une part de chardonnay inhabituelle chez Bollinger, qui bâtit d’ordinaire ses millésimes autour de 70 % de pinot noir : 2015 a donné des raisins d’une maturité franche qu’il a fallu équilibrer. L’année, justement : des pluies régulières au début de l’été, puis un août et un septembre chauds et secs, enfin un rafraîchissement au moment des vendanges, ouvertes le 4 septembre sur de petites baies à l’acidité élevée. Toute la cuvée fermente en petits fûts de chêne — Bollinger est la seule maison de Champagne à employer encore un tonnelier à demeure, qui répare plus de trois cents fûts par an. Le vin prend sa mousse sous bouchon de liège naturel et repose plus de huit ans sur lattes, soit plus du double de ce qu’exige l’appellation ; le remuage et le dégorgement se font entièrement à la main. Dosage 8 g/L, 12,5 % vol.
À propos de cette maison
Fondée à Aÿ en 1829, Bollinger est l’une des dernières grandes maisons de Champagne restées familiales et indépendantes. Son style tient moins à un discours qu’à quelques obstinations que la région a presque toutes abandonnées : la fermentation en petits fûts de chêne, les vins de réserve gardés en magnums sous bouchon de liège, l’atelier de tonnellerie intégré, le remuage à la main sur les grandes cuvées. Rien de tout cela n’est commode ; c’est pourtant ce qui donne à ses champagnes cette matière vineuse que l’on reconnaît à l’aveugle.
La Grande Année ne paraît pas tous les ans. La maison ne la déclare que lorsque la maturité et l’acidité d’une année se rencontrent au point qu’elle juge exact, et elle lui donne alors tout ce qu’elle sait faire : le fût pour chaque cuve, le liège pour la prise de mousse, la main pour le remuage et le dégorgement. Le 2015 en est la démonstration la plus récente, avec une part de chardonnay plus haute que de coutume.
L'accord parfait
Apéritif
Huit ans de lattes ont donné au 2015 des notes d’amande grillée et de pain doré : elles retrouvent le parmesan du sablé, que la bulle vient aussitôt nettoyer.
Entrée
La maison recommande elle-même le champignon pour cette cuvée : le boisé du fût et le fruit mûr du pinot noir épousent l’umami des ravioles sans les couvrir.
Plat
Un champagne à 60 % de pinot noir, fermenté en fût et vineux à ce point, tient une viande rouge : le cèpe fait le lien avec le sous-bois du vin, la fraîcheur du millésime tranche dans le jus.
Autres champagnes
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