Pour découvrir la maison : Premier Cru Brut (40,30 €), l'entrée de gamme, déjà longuement élevée. Pour le chardonnay d'Avize : Blanc de Blancs (62,90 €), également disponible en magnum au même prix — une anomalie tarifaire dont il faut profiter. Pour les amateurs : VV26 Grand Cru (149 €), issu de très vieilles vignes. Pour une bouteille d'exception : Hussards 2012 Immergée (380 €). Particularité de la maison : des élevages sur lattes de six à douze ans, très au-delà des quinze mois réglementaires, et des dosages extra-bruts inférieurs à 6 g/L.
Fondée en 2005 à Avize par trois frères Frerejean-Taittinger et un vigneron de la Côte des Blancs, la maison mise sur une chose rare : le temps. Six à douze ans sur lattes, des dosages sous 6 g/L, et des parcelles exclusivement premier et grand cru. Voici ses cuvées disponibles.

En 2005, trois frères Frerejean-Taittinger décident de créer leur propre maison de champagne. Le nom dit la filiation ; le projet, lui, est différent. Associés à Didier Pierson, héritier d'une lignée vigneronne de la Côte des Blancs, ils s'installent à Avize et se donnent une règle simple : ne travailler que des parcelles premier et grand cru, et laisser le vin attendre beaucoup plus longtemps que l'usage.
Vingt ans plus tard, Frerejean Frères reste une maison confidentielle, avec des élevages sur lattes de six à douze ans et des dosages qui ne dépassent jamais 6 g/L.
La Champagne impose quinze mois sur lattes pour un brut sans année. La maison en pratique six à douze ans — quatre à huit fois plus. Ce n'est pas un détail de communication : c'est un choix économique lourd, chaque bouteille immobilisant du capital pendant une décennie.
Ce que cela donne dans le verre est immédiatement perceptible. Le long contact avec les lies produit les notes de brioche, de noisette et de pain grillé, fond la bulle jusqu'à la rendre presque crémeuse, et donne au vin une texture que les élevages courts n'atteignent jamais. Combiné à un dosage extra-brut, l'ensemble reste droit : on a la richesse sans la lourdeur.
L'autre particularité tient à l'association d'origine. Une maison fondée par des héritiers d'un grand nom champenois aurait pu se contenter d'acheter du raisin et de soigner l'étiquette. Le partenariat avec un vigneron de la Côte des Blancs a orienté le projet autrement : vers le choix des parcelles et la contrainte du calendrier, plutôt que vers le volume. C'est ce qui explique qu'une maison créée en 2005 produise aujourd'hui des vins d'une maturité que l'on attendrait d'un domaine bien plus ancien.
| Cuvée | Profil | Prix |
|---|---|---|
| Premier Cru Brut | L'entrée de gamme, déjà longuement élevée | 40,30 € |
| Blanc de Blancs | Chardonnay d'Avize | 62,90 € |
| Blanc de Blancs Magnum | Le même, en 1,5 L — au même prix | 62,90 € |
| VV26 Grand Cru | Très vieilles vignes | 149,00 € |
| Hussards 2012 Immergée | La cuvée de prestige | 380,00 € |
La Cuvée Rosée, le Secret d'Irène et les Hussards 2012 et 2013 non immergées complètent la gamme, actuellement épuisés chez nous.
À 40,30 €, le Premier Cru Brut est l'une des bonnes affaires de notre rayon. On y trouve déjà la signature de la maison — la texture fondue des longs élevages, la finale sans sucre — pour le prix d'un brut sans année de grande marque. Pour qui veut comprendre ce que le temps apporte à un champagne sans y mettre cent euros, c'est la bouteille.
Le Blanc de Blancs (62,90 €) est le cœur de la maison : chardonnay d'Avize, grand cru, sur la craie. Tendu, salin, avec la rondeur que donnent les années sur lattes.
Un détail mérite d'être signalé : le magnum est actuellement au même prix, 62,90 €. Un magnum contient deux bouteilles. À budget égal, c'est donc deux fois plus de vin — et un vin qui vieillit mieux, le rapport entre le volume et l'oxygène présent dans le col ralentissant l'évolution. Notre guide des magnums détaille pourquoi ce format est le meilleur ami d'un champagne de garde.
La VV26 Grand Cru (149 €) monte d'un cran. Les très vieilles vignes produisent peu — souvent moitié moins qu'une vigne jeune — mais leurs racines descendent profondément dans la craie et leurs raisins sont plus concentrés. Le vin en tire une densité et une salinité que l'on ne trouve pas dans les cuvées d'assemblage. C'est une bouteille de repas, et de garde.
À 380 €, les Hussards 2012 Immergée sont la bouteille la plus rare de la gamme chez nous. Cuvée de prestige de la maison sur un millésime 2012 réputé, vieillie immergée : c'est autant une pièce de collection qu'un vin à boire. À réserver aux occasions dont on se souvient, ou aux amateurs qui cherchent ce que personne d'autre n'aura.
De 40,30 € à 380 €. Trois paliers : autour de 40 € pour l'entrée, 63 € pour le Blanc de Blancs — en bouteille comme en magnum tant que dure l'anomalie —, puis 149 € et au-delà pour les cuvées rares. Rapporté aux durées d'élevage pratiquées, le premier palier est nettement en dessous de ce que la maison pourrait demander.
Les longs élevages rendent ces vins particulièrement polyvalents à table. Le Premier Cru Brut accompagne des entrées, des fromages à pâte pressée, une volaille simple. Le Blanc de Blancs demande de l'iode : coquillages, poisson grillé, saint-jacques. La VV26 supporte un plat en sauce ou un vieux comté, et les Hussards se servent seuls, en fin de repas, dans de grands verres — ce sont des vins que l'on écoute plutôt qu'on les accompagne.
Entre 10 et 12 °C, dans un verre large : ces vins longuement élevés ont des arômes tertiaires que la flûte étouffe. Le magnum se rafraîchit plus lentement qu'une bouteille — comptez une bonne heure en seau. Toutes ces cuvées se gardent, les grands crus dix ans et plus, selon nos repères de conservation. Le reste de nos blancs de blancs, de nos vignerons et de nos cuvées à offrir est dans la cave.


